1- Peux-tu te présenter rapidement ?
Rapidement ! Stéphanie Lacombe, installée en région parisienne, je sillonne la France au fil de résidences de création pour construire des documentaires photographiques nourris par les territoires et ceux qui les habitent.
2- Depuis quand fais-tu de la photo ? et comment as-tu commencé ?
Je suis auteure photographe depuis près de 25 ans. Diplômée des Arts Décoratifs, j’y ai pourtant davantage étudié le graphisme que la technique photographique. Je n’ai rejoint la section photo que lors de ma dernière année d’étude, juste à temps pour y présenter mon diplôme. La technique, je l’ai donc apprise sur le terrain toute seule ! Et pour être honnête, je maîtrise pas parfaitement. Ce qui m’a toujours attirée dans la photographie c’est ce qu’elle permet de voir, de raconter et de partager.
3- Comment décris-tu ton style de photos ?
Je travaille essentiellement en séries. Je mets en place un dispositif qui me sert de cadre et de point d’appui. Il m’est indispensable : je n’y arrive pas autrement. Il me permet de construire un ensemble cohérent et de faire passer un message sans ambiguïté.
J’aime aussi circonscrire mon champ d’exploration à un territoire très délimité : un camping , un parking que j’arpente pendant des semaines, parfois des mois, ou encore une salle à manger. Pour mon projet La Table de l’ordinaire, par exemple, le punctum de l’image est la table. C’est ma manière d’explorer un lieu, un sujet ou une situation dans toute sa profondeur. Chaque photographie est pensée presque comme un tableau. La peinture classique est d’ailleurs une source d’inspiration importante dans ma façon d’organiser mes compositions.
4- Argentique ou numérique ? Quel(s) boitier(s) ?
Numérique. Je n’ai jamais été fétichiste du matériel : ce qui m’intéresse avant tout, c’est l’image et ce qu’elle raconte.
5- Quels sont tes projets en cours ou futurs ?
Pendant longtemps, j’ai réalisé ce que l’on pourrait appeler des photographies domestiques : des portraits de familles dans leur logement. Puis, il y a quelques années, j’ai eu envie de sortir. D’aller voir ce qui se passait dehors. Cela peut paraître banal dit comme ça, mais pour moi, ce déplacement a représenté une étape assez difficile.
Je ne le regrette pourtant pas, puisqu’il a donné naissance à mon premier ouvrage personnel, Haut les cœurs, qui vient tout juste de paraître aux Éditions du Juillet. Il est accompagné d’une grande exposition présentée tout l’été à Hôtel Fontfreyde – Centre photographique.
Quant aux projets futurs, je n’y pense pas encore vraiment. Pour le moment, toute mon énergie est consacrée à la scénographie de l’exposition !
6- Un.e photographe coup de cœur ?
Je suis triste d’apprendre aujourd’hui le décès de Duane Michals, qui a été pour moi un véritable maître. Son travail a profondément nourri mon regard et ma manière de penser la photographie.
7- Un petit conseil à donner à toute personne qui aimerait se lancer dans la photo ?
S’écouter et Faire.
8- peux tu nous parler de ton livre ?
Mon livre réunit trois séries réalisées dans les Hauts-de-France entre 2018 et 2022. Il s’agit de portraits de familles et de jeunes, photographiés dans leur voiture, devant chez eux ou encore en vacances dans leur mobile home. J’y raconte les histoires qui les préoccupent sur l’instant, souvent liées au quotidien, avec tendresse, humour et parfois gravité.




